OMS / Loan Tran
Un membre du personnel de l’OMS au Viet Nam participe à un don de sang à l’occasion de la Journée mondiale du don de sang.
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L’approvisionnement en sang sûr s’améliore, les dons volontaires dépassant les 85 %, mais de nombreuses personnes n’y ont toujours pas accès

12 juin 2026
Communiqué de presse

De nouvelles données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) font apparaître des progrès soutenus vers un approvisionnement en sang plus sûr à l’échelle mondiale, mais mettent également en lumière des inégalités persistantes dans l’accès à du sang sûr ainsi que des faiblesses en matière de gouvernance, de financement et de régulation des systèmes d’approvisionnement en sang.

D’après les données recueillies dans 132 pays, la collecte de sang a augmenté de près de 19 % dans le monde entre 2013 et 2023. Les donneurs et donneuses volontaires et non rémunérés, qui représentaient plus de 85 % des quelque 120 millions de dons de sang reçus en 2023, ont continué à contribuer à ces progrès.

Malgré ces avancées, l’accès à du sang et à des produits sanguins sûrs reste très inégal dans le monde. De nombreux patients et patientes – notamment les femmes souffrant de saignements potentiellement mortels lors de l’accouchement, les enfants souffrant d’anémie sévère, les victimes de traumatismes ou de brûlures, les personnes subissant une opération, ainsi que les personnes souffrant de maladies telles que la drépanocytose, la thalassémie, l’hémophilie, les déficiences immunitaires et certains cancers – ne peuvent toujours pas accéder sans entraves à un sang sûr et à des transfusions vitales, en particulier dans les pays à faible revenu.

« Personne ne devrait mourir du fait de l’indisponibilité d’un sang sûr lorsqu’il est nécessaire, a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. Ces données montrent des progrès encourageants, notamment dans la contribution croissante des donneurs et donneuses de sang volontaires et non rémunérés dans le monde – pierre angulaire d’un approvisionnement en sang sûr et durable – mais elles nous rappellent aussi que l’endroit où une personne vit peut encore déterminer si elle a accès à la transfusion sanguine dont elle a besoin. Les gouvernements doivent continuer à investir dans des systèmes d’approvisionnement en sang solides et durables au niveau national et à soutenir les donneurs et donneuses de sang volontaires et non rémunérés dont la générosité sauve des millions de vies chaque année. »

Des inégalités persistantes dans la disponibilité des produits sanguins

Alors qu’ils ne comptent que pour 15 % de la population mondiale, les pays à revenu élevé représentent 36 % de l’ensemble des dons de sang dans le monde. En revanche, de nombreux pays à faible revenu subissent toujours des pénuries d’approvisionnement en sang en raison de financements limités, de faiblesse des infrastructures, d’obstacles logistiques et d’un recrutement insuffisant de donneurs et donneuses.

Les taux de don de sang varient considérablement d’un pays à l’autre, allant de 0,4 à 53 dons pour 1000 habitants. Vingt-quatre pays ont indiqué recueillir moins de 5 dons de sang pour 1000 habitants, ce qui témoigne de graves difficultés à fournir en temps opportun des transfusions aux patients et patientes qui en ont besoin.

La proportion de sang prélevé auprès de donneurs et donneuses volontaires et non rémunérés varie également considérablement selon le niveau de revenu des pays. Bien que ces dons représentent 98,4 % de l’ensemble des dons de sang dans les pays à revenu élevé, ils n’en représentent que 63,4 % dans les pays à faible revenu, où les systèmes de santé peinent souvent à maintenir un approvisionnement en sang suffisant et fiable.

Un renforcement de la gouvernance et du financement est nécessaire

La disponibilité de sang sûr est tributaire de la solidité de la gouvernance et de la régulation des systèmes d’approvisionnement en sang, ainsi que d’une mobilisation et d’un engagement soutenus des donneurs et donneuses. L’analyse de l’OMS montre que près d’un tiers des pays ne disposent toujours pas d’une législation spécifique pour garantir la sécurité et la qualité du sang et des produits sanguins. Seuls 64 % des pays déclarent disposer de systèmes d’inspection régulière des services de transfusion sanguine, 62 % ont mis en place des systèmes d’agrément, et à peine 40 % indiquent qu’au moins certains de leurs services de transfusion sanguine sont agréés, ce qui met en évidence d’importantes lacunes en matière d’assurance de la qualité tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Le financement durable reste un défi majeur. Plus d’un pays sur sept a déclaré ne disposer ni d’allocations budgétaires gouvernementales spécifiques ni de mécanismes de recouvrement des coûts pour les services de transfusion, suscitant des inquiétudes quant à la durabilité à long terme des approvisionnements en sang au niveau national.

Dans le cadre des efforts visant à mettre en place des systèmes de santé résilients et équitables, l’OMS appelle les pays et les partenaires à renforcer la gouvernance et la régulation des services de transfusion, à garantir un financement durable, à développer les programmes d’assurance de la qualité, à améliorer les pratiques de transfusion clinique et à renforcer les systèmes de surveillance et de données pour permettre une prise de décisions informée. Ces mesures sont essentielles pour garantir l’accès universel à des produits sanguins sûrs, efficaces et de qualité garantie, quel que soit le lieu où les gens vivent.

L’OMS publie ce dernier jeu de données avant la Journée mondiale du don de sang, qui est célébrée chaque année le 14 juin. Avec pour slogan « Une goutte d’humanité. Donnez du sang. Sauvez des vies », la campagne de cette année salue la contribution des donneurs et donneuses de sang volontaires et non rémunérés et montre comment chaque don de sang aide celles et ceux qui en ont besoin, renforce les communautés et contribue à la résilience des systèmes de santé.

Note aux rédactions

Le Rapport de situation mondial sur la sécurité transfusionnelle et la disponibilité de produits sanguins 2025 (en anglais) s’appuie sur des données provenant de 168 pays, couvrant 97 % de la population mondiale, et fournit l’évaluation mondiale la plus complète à ce jour des systèmes d’approvisionnement en sang. Il examine la disponibilité des produits sanguins, la sécurité des transfusions, l’utilisation clinique du sang, l’accès aux produits médicaux dérivés du plasma et les capacités des systèmes nationaux d’approvisionnement en sang. Les résultats reposent principalement sur les données de 2023 rapportées par les pays dans la base de données de l’OMS sur la sécurité transfusionnelle.

À propos de l’OMS

Consacrée au bien-être de toutes et de tous et guidée par la science, l’Organisation mondiale de la Santé est la cheffe de file et le porte-drapeau des efforts mondiaux visant à donner à chaque personne, où qu’elle se trouve, la chance de mener une vie sûre et en bonne santé. Elle est l’institution du système des Nations Unies chargée de la santé et forme le trait d’union entre les pays, les partenaires et les personnes en première ligne dans plus de 150 endroits pour diriger la riposte mondiale aux urgences sanitaires, prévenir les maladies, s’attaquer aux causes profondes des problèmes de santé et élargir l’accès aux médicaments et aux soins de santé. Notre mission est d’aider tous les pays à promouvoir, garantir et protéger la santé.

« Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science », le thème de la Journée mondiale de la santé 2026, marque le coup d’envoi d’une campagne d’un an visant à mettre en avant la science comme fondement de la protection de la santé et du bien-être dans le monde.